POUR LES PARTICULIERS
Fiscalité
avantageuse de l'investissement dans l' ART : Les oeuvres d'art bénéficient
en droit français d'une fiscalité à la fois spécifique
et attractive. De l'achat à la revente, de la possession à la
transmission, les objets d'art disposent d'un cadre juridique et fiscal national
qui comporte des éléments particulièrement intéressants.
Exonération ISF : Les oeuvres d'art ne sont pas assujetties
à l'Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF). Dans cette
mesure, elles ne sont pas mentionnées dans la déclaration de
l'ISF et les montants consacrés à l'acquisition sont non imposables.
Cette disposition fiscale, applicable aussi bien aux peintures, dessins, gouaches,
aquarelles qu'aux sculptures et aux bronzes, en fait un parfait outil de déplafonnement
de l'ISF.
Taxation avantageuse des plus-values : En cas de revente, le vendeur,
s'il dispose d'une facture, peut opter soit pour la taxation forfaitaire de
5 %, soit pour l'application du régime général des plus-values
(régime identique à celui des plus-values immobilières
avec exonération au bout de 21 ans). S'il ne dispose pas de facture,
le vendeur devra seulement payer la taxe de 5 % qui sera acquittée
par l'intermédiaire pour le compte du vendeur.
Transmission de patrimoine : Sous certaines conditions, les oeuvres
d'art peuvent être, en cas de succession, intégrées dans
le forfait de 5 % des meubles meublants.
Dation en paiement : La loi Malraux permet aux propriétaires
d'oeuvres d'art d'acquitter certains impôts (ISF, droits de succession,
droits de donation-partage) en proposant une oeuvre d'art à l'Etat.
Cette disposition est particulièrement intéressante dans la
mesure où cette procédure est suspensive du paiement des droits.
POUR LES ENTREPRISES ET PROFESSIONS LIBERALES
Une entreprise
qui investit dans l'art et expose ses acquisitions peut effectuer des déductions
fiscales sur le résultat de l'exercice d'acquisition et sur les quatre
années suivantes.
Les professionnels qui ont acheté des oeuvres originales d'artistes
vivants et les ont inscrits à un compte d'actif immobilisé,
peuvent déduire du résultat de l'année d'acquisition
et des 4 années suivantes, par fractions égales, une somme égale
au prix d'acquisition dans la limite de 5 pour mille de son chiffre d'affaires
HT.
En contrepartie de cette déduction fiscale, l'entreprise doit présenter
sur 5 ans les oeuvres acquises, au public.
Pour les oeuvres dont le prix d'acquisition est inférieur à
5 000 € HT, le Ministre délégué au Budget admet
que la condition d'exposition au public soit satisfaite dès lors que
l'oeuvre est exposée dans un lieu « accessible aux clients et/ou
aux salariés de lentreprise, à lexclusion des bureaux
personnels ».
L'article 238
bis AB du code général des impôts, issu de l'article 7
de la loi du 23 juillet 1987 prévoit que les entreprises faisant l'acquisition
d'oeuvres originales d'artistes vivants, peuvent déduire une somme
égale au prix d'acquisition des oeuvres concernées.
Dans le cas d'achat d'oeuvres d'artistes vivants, l'objectif n'étant
pas d'enrichir les collections publiques, mais de favoriser la création
contemporaine, l'entreprise reste propriétaire de l'oeuvre.
Cette déduction qui est pratiquée par fractions égales
pendant cinq ans au titre de l'exercice d'acquisition et des quatre années
suivantes ne peut excéder au titre de chaque exercice la limite de
5 pour mille du chiffre d'affaires, minorée du total des déductions
mentionnées à l'article 238 bis AA du CGI, et doit être
affectée à un compte de réserve spéciale figurant
au passif du bilan.
En cas de changement d'affectation ou de cession de l'oeuvre ou de prélèvement
sur le compte de réserve, les déductions pratiquées sont
immédiatement réintégrées.
La décision de pratiquer cette déduction relève de la
gestion de l'entreprise et n'est subordonnée à aucune autorisation
préalable de l'administration.
L'entreprise qui décide de pratiquer cette déduction doit joindre
à sa déclaration de résultats un document conforme au
modèle présenté par l'administration.
L'oeuvre est enregistrée en immobilisation. Une réserve correspondant
aux déductions effectuées crée au passif du bilan est
réintégrable aux bénéfices imposables si l'oeuvre
cesse d'être exposée au public ou est cédée.
Dans le cas de cession, les excédents éventuels sur le prix
d'acquisition seront assujettis aux régimes des plus values professionnelles,
et bénéficieront pour les cessions au-delà de deux ans
de l'imposition à taux réduit.
La cession de l'oeuvre d'art acquise dans ce cas par une entreprise est soumise
à la TVA à taux réduit. L'article 7 de la loi du 23 juillet
1987 prévoit également la possibilité de créer
une provision pour dépréciation de l'oeuvre dans le cas où
la dépréciation constatée excéderait les déductions
déjà opérées.
Extrait du Code
Général des Impôts
Art 238 bis AB
Acquisition d'oeuvres d'art. Les Sociétés peuvent déduire
de leur résultat imposable de coût d'acquisition d'oeuvres originales
d'artistes vivants inscrites à l'actif immobilisé à condition
qu'elles restent exposées au public. Cette déduction s'effectue
par fractions égales sur les résultats de l'exercice d'acquisition
et les quatres années suivantes pour les oeuvres achetées à
compter du 1.1.2002 (ou des neuf ou dix-neuf années suivantes pour
les autres oeuvres suivant qu'elles ont été acquises à
compter du 1.1.1994 ou avant cette date).
La déduction effectuée au titre de chaque exercice, inscrite
à un compte de réserve spéciale, ne peut excéder
la limite de 5 p.mille du chiffre d'affaires, minorée du total des
autres déductions opérées au titre de mécénat.
Exemple
Une entreprise ayant un CA de 200 000 euros acquiert 6000 euros d'oeuvres
originales d'artistes vivants.
Le plafond de déduction est égal à 200 000 X 5°/oo
=1000 euros.
La déduction fiscale: 6000 X 1/5 =1200 euros reste limitée à
1000 euros (les 200 étant perdus).
Sur un résultat imposable de 10000 euros, l'entreprise déduira
1000 soit 9000 euros soumis à l'impôt.
Le montant porté en réserve sera de 1000 euros.
Le retrait de lexposition au public, la cession de luvre
ou le prélèvement de la réserve spéciale générera
l'imposition de la réserve.
Enfin, un imprimé spécial de suivi des dépenses de mécénat
est à annexer à la déclaration de résultat de
l'entreprise.
Par ailleurs, les uvres d'art visées ne sont pas soumises à
la taxe professionnelle (art. 1469 du CGI)